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Quand deux mairies RN veulent faire revivre un choque du passé

· 2 min de lecture

Alors que le débat sur la moralité des figures publiques fait rage, deux communes du Pas‑de‑Calais, dirigées par le Rassemblement National, ont annoncé des concerts de Jean‑Luc Lahaye, icône controversée des années 80. Le projet a immédiatement déclenché la colère d’un collectif féministe, soulevant des questions sur la légitimité d’accorder une scène à un homme mis en examen pour viols.

Un programme qui choque

Hénin‑Beaumont et Billy‑Montigny, deux villes où le RN tient la majorité du conseil municipal, ont signé un contrat avec la société de production de Lahaye pour des spectacles prévus en juillet. Le prix des billets, fixé à 28 €, a suscité l’indignation : les contribuables locaux financent indirectement la carrière d’un artiste sous le feu des accusations graves.

Les accusations qui planent

Jean‑Luc Lahaye a été mis en examen en 2022 pour plusieurs faits de violences sexuelles sur mineurs. Bien que l’enquête soit toujours en cours, le nom de l’artiste a été associé à des dizaines de témoignages et à un procès médiatisé qui a profondément marqué l’opinion publique.

La réaction du collectif féministe

Le collectif « Femmes contre la violence » a organisé une mobilisation en ligne et une pétition qui a rassemblé plus de 12 000 signatures en 48 heures. Leur porte‑voix : « Donner la scène à un présumé violeur, c’est légitimer le harcèlement et braquer la société dans le même sens que les violences faites aux femmes ». Le mouvement appelle les mairies à annuler les concerts et à réorienter les fonds vers des associations d’aide aux victimes.

Pourquoi le RN persiste

Selon des analystes politiques, la décision s’inscrit dans une stratégie de récupération du passé culturel pour reconquérir des électeurs désenchantés. « Faire monter Lahaye au podium, c’est jouer la nostalgie, » explique Sophie Martin, sociologue à l’Université de Lille. « C’est aussi un signal à leurs bases : la liberté d’expression prime sur les accusations, même les plus graves. »

Les conséquences possibles

Si les concerts se tiennent, les mairies risquent une mise en demeure du Défenseur des droits, qui pourrait qualifier l’acte de discrimination envers les victimes. En revanche, un annulation pourrait déclencher une vague de critiques du RN, accusé de censure et de laisser‑faire face à la justice.

Et vous, que feriez‑vous ?

Le débat reste ouvert. Entre liberté culturelle et responsabilité morale, chaque citoyen se retrouve confronté à une question cruciale : doit‑on séparer l’artiste de ses faits présumés, ou le passé doit‑il toujours peser sur le présent ? Quelle que soit votre position, le cas Lahaye illustre le choc entre politique locale, justice et morale publique.