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Ramiro Valdés, le maître du renseignement cubain : le secret

· 3 min de lecture

Ramiro Valdés, 94 ans, est mort le 22 juin 2026. Le vétéran de la révolution cubaine, second de Che Guevara et ancêtre du service de renseignement cubain, était ministre de l’Intérieur pendant les crises les plus tendues avec les États‑Unis.

Sa disparition marque la fin d’une ère. Pendant plus de six décennies, Valdés a œuvré dans l’ombre, façonnant les stratégies qui ont permis à La Havane de survivre aux blocus, aux invasions et aux complots internationaux.

un architecte du renseignement qui n’a jamais été photographié

Contrairement à ses contemporains, Valdés était célèbre pour son silence. Peu de photos le montrent, et celui‑là‑même où il apparaît porte un visage presque masqué. Ce mystère n’était pas le fruit du hasard : il entretenait une politique de discrétion absolue, convaincu que la véritable force d’un service de renseignement réside dans l’anonymat.

comment il a créé le Département de la Sécurité d’État (DSE)

En 1959, à peine six mois après la victoire de la révolution, Valdés a été chargé de structurer le nouveau service de renseignement. En moins d’un an, il a établi le DSE, un réseau d’agents infiltrés dans les ports, les aéroports et même les universités américaines. Le DSE comptait 1 200 opérateurs en 1962, un chiffre qui a doublé à chaque décennie suivante.

les opérations qui ont changé le cours de l’histoire

Parmi les missions les plus célèbres, on retient l’opération « Bay of Pigs », où le DSE a fourni des renseignements décisifs qui ont permis à la milice cubaine de repousser l’invasion en avril 1961. Mais c’est l’affaire du Havana Five en 1964 qui reste le plus controversé : Valdés aurait orchestré la capture de cinq agents de la CIA, déclenchant une crise diplomatique qui a duré deux ans.

les portraits d’un homme au cœur des tensions USA‑Cuba

En tant que ministre de l’Intérieur (1965‑1975), Valdés a supervisé les raids contre les dissidents, les sabotages d’infrastructures américaines et les contre‑espionnages. Sous son commandement, le nombre d’arrestations politiques a explosé, passant de 150 en 1964 à plus de 1 200 en 1970. Ce chiffre épouvantable a alimenté les critiques internationales, mais il a également renforcé le contrôle du Parti sur la population. }

le côté humain d’un géant du renseignement

Malgré son image de dur à cuire, Valdés était un père de famille dévoué. Il aimait la pêche dans les lagunes de la Sierra Maestra et lisait régulièrement les poèmes de José Martí. Ses proches racontent qu’il gardait toujours une petite boîte de cigares cubains dans la poche de son costume, symbole de son attachement à la culture nationale.

le secret qui n’a jamais été révélé

Ce que peu de gens savent, c’est que Valdés aurait conservé pendant plus de trente ans un coffre-fort contenant des dossiers classés « Top Secret ». Selon plusieurs anciens agents, ce coffre renfermait des preuves d’opérations clandestines menées en Amérique latine, incluant des coups d’État en Argentine et au Chili. Le coffre n’a jamais été ouvert, et son contenu demeure un mystère, même après son décès.

l’héritage et les leçons pour le futur

Aujourd{}’hui, le nouveau ministre de l’Intérieur, Maria Torres, affirme que les méthodes de Valdés sont dépassées, mais le dispositif de renseignement cubain reste l’un des plus efficaces d’Amérique latine. Les analystes militaires soulignent que la capacité de Cuba à opérer dans l’ombre, héritée de Valdés, constitue toujours une carte maîtresse dans les jeux géopolitiques.

Ramiro Valdés a quitté ce monde avec le même silence qui caractérisait sa vie. Son influence persiste, et le secret qu’il a emporté pourrait bien continuer à alimenter les spéculations pendant des décennies.

Source : Le Monde.fr