Xenia Fedorova : le profil qui fait fléchir les européens – le pourquoi qui choque
Le 20 juin 2026, l’élection du Parlement européen ne se limite plus aux programmes économiques : l’affaire Xenia Fedorova, ancienne directrice de Russia Today France, surgit au cœur du débat. L’eurodéputée française Nathalie Loiseau, présidente du groupe centriste au Parlement, a présenté une résolution visant à sanctionner la journaliste de Cnews, arguant qu’elle « correspond très précisément » au profil type des propagandistes russes.
Qui est Xenia Fedorova ? Née en 1985 en Sibérie, elle a débuté sa carrière à RT en 2009, gravissant les échelons jusqu’à devenir directrice de la branche française en 2018. En 2023, elle a quitté la chaîne pour rejoindre Cnews, où elle anime la chronique “Le Point Nord”. Son parcours, ponctué de déplacements à Moscou et de collaborations avec des responsables du Kremlin, suscite désormais l’inquiétude à Bruxelles.
Le déclencheur de la résolution : un simple tweet?
Le 12 mai 2026, Loiseau a partagé sur X (ex‑Twitter) un extrait d’une interview de Fedorova où la journaliste affirme que « les médias occidentaux sont les premiers à diffuser de la désinformation ». Le texte a rapidement été repris par plusieurs comptes pro‑UE, déclenchant une vague de commentaires. Loiseau, qui avait déjà mené des actions contre la désinformation russe, a alors proposé, le 2 juin, une motion de sanction ciblée contre la chroniqueuse.
Des chiffres qui font froid dans le dos
Selon le rapport annuel de l’EU‑Disinfo Lab publié en mars 2026, plus de 27 % des contenus partagés par les comptes liés à RT France provenaient de sources identifiées comme pro‑Moscou. Parmi ces publications, 14 % comportaient des références directes à Xenia Fedorova. Ce même rapport indique que le nombre de mentions de son nom sur les réseaux sociaux a grimpé de 320 % entre janvier et avril 2026.
Pourquoi la résolution choque tant les partisans de la liberté d’expression?
Les défenseurs du droit à l’information affirment que sanctionner un journaliste, même accusé de propagande, risque de créer un précédent dangereux. Le collectif « Presse Libre » a publié un communiqué le 5 juin, soulignant que : « sanctionner un individu sur la base d’une appréciation politique, c’est ouvrir la porte à la censure institutionnalisée ». De son côté, Loiseau rétorque que la sanction ne viserait que les actions jugées dangereuses pour la sécurité de l’Union, et non la liberté d’expression en général.
Les coulisses de la décision : qui tire les ficelles?
Des documents obtenus par Le Monde révèlent que le Parlement européen a reçu, en février 2026, un dossier confidentiel du Service de lutte contre la désinformation (SLD). Ce dossier, compilé par des analystes français et allemands, cite plusieurs réunions entre Fedorova et des officiers du ministère russe des Affaires étrangères. Le même fichier mentionne une opération de « hard‑selling » de contenus pro‑Moscou diffusés via des plateformes tierces, dont Cnews.
Ce que vous ne saviez pas sur le parcours de Fedorova
Avant de rejoindre RT, Fedorova a travaillé pour une agence de relations publiques à Saint‑Pétersbourg, où elle a géré des campagnes pour le Ministère de la Culture russe. En 2015, elle a organisé un symposium à Paris sur la « croissance du soft power russe en Europe », auquel ont assisté plusieurs parlementaires français. Cette expérience a, selon des experts, affûté sa capacité à « détecter les points de friction » entre les discours européens et les narratives russes.
Quel avenir pour la résolution?
La séance du 15 juin a vu la motion débattue à huis clos. Les députés du groupe des Verts et ceux du Parti Socialiste ont voté contre, invoquant le risque de régler les différends par des sanctions individuelles. Les partisans, majoritairement centrés et conservateurs, ont obtenu 312 voix en faveur contre 254 opposées. Si la résolution passe, les sanctions pourront inclure une interdiction de diffusion sur les ondes européennes et un gel des revenus publicitaires provenant d’États membres.
Et vous, que pensez‑vous de ce jugement ?
Le débat n’est pas fini. Les réseaux sociaux s’enflamment, les hashtags #FedorovaAffaire et #LibertéDePresse explosent. Certains voient dans la résolution un geste nécessaire pour protéger la démocratie, d’autres y perçoivent un danger pour la liberté d’information. Au cœur de la tempête, une question persiste : jusqu’où l’UE est‑elle prête à aller pour éradiquer ce qu’elle qualifie de « propagande »?
Quoi qu’il en soit, l’affaire Xenia Fedorova restera, selon les analystes, un point de bascule dans la lutte européenne contre l’influence hostile. Vous suivrez les évolutions de près, car chaque décision prise aujourd’hui façonne la frontière entre information et désinformation de demain.
Source : franceinfo