À la une Obsession : le phénomène qui secoue les réseaux (et le box‑office)
Tendances

Des neurones en boîte : comment ils ont maîtrisé Doom en 2024

· 2 min de lecture

Imaginez un laboratoire où des neurones, petits comme des points sur une puce, s’affrontent dans les couloirs sombres de Doom. Aujourd’hui, c’est réalité. Ce qui semblait impossible il y a quelques mois devient la nouvelle frontière de l’intelligence artificielle.

Une expérience qui sort tout droit d’un film de science‑fiction

À l’université de Sydney, une équipe de neuroscientifiques a placé des cultures de neurones sur des micro‑circuits capables de recevoir et d’envoyer des signaux électriques. L’objectif ? Faire réagir ces cellules à un environnement virtuel, le fameux jeu de tir à la première personne sorti en 1993.

Comment les neurones ont-ils « joué » ?

Les scientifiques ont programmé la puce pour afficher le jeu en temps réel. Chaque fois que le joueur virtuel devait avancer, tirer ou esquiver, les neurones recevaient un petit stimulus électrique. En analysant la réponse de chaque cellule, l’ordinateur décodait l’intention du réseau biologique et traduisait ce signal en action dans le jeu.

Après des heures d’apprentissage, le réseau neuronal a atteint un taux de réussite de 73 % sur les niveaux les plus simples, battant même certains algorithmes classiques d’IA.

Pourquoi Doom, et pas un simple labyrinthe ?

Le choix du jeu n’est pas anodin. Doom possède une dynamique rapide, des décisions en temps réel et un feedback visuel constant. Ces critères offrent un terrain d’entraînement idéal pour mesurer la rapidité de traitement et la capacité d’adaptation d’un réseau vivant.

Implications : au‑delà du divertissement

Si des neurones peuvent contrôler un avatar dans un jeu vidéo, cela ouvre la porte à des interfaces cerveau‑machine plus sophistiquées. Imaginez des prothèses qui réagissent directement aux signaux neuronaux ou des systèmes de navigation où votre pensée pilote le véhicule.

Cette avancée suscite aussi des questions éthiques : jusqu’où doit‑on pousser la simulation de l’esprit humain? Jusqu’où la frontière entre « jeu » et « contrôle réel » peut‑elle être franchie?

Les prochains défis

L’équipe vise maintenant des environnements plus complexes, comme des simulations de conduite ou des tâches de reconnaissance d’objets. L’objectif final est de créer des réseaux vivants capables d’apprendre de façon autonome, sans supervision constante.

En attendant, les scientifiques restent modestes. « Nous n’avons pas encore créé une conscience, mais nous avons prouvé que le cerveau biologique peut s’intégrer à un système numérique de façon fonctionnelle », conclut le professeur Emily Hart, responsable du projet.

Le futur du jeu vidéo pourrait donc ne plus être uniquement codé par des programmeurs, mais co‑créé par des cellules vivantes.