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Cisjordanie : la France va-t-elle suivre la Belgique et arrêter les services consulaires dans les colonies ?

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Depuis septembre 2025, la Belgique ne renouvelle plus les papiers d’identité, ne délivre plus de laissez-passer et n’assiste plus ses ressortissants vivant dans les colonies israéliennes en Cisjordanie. Une décision silencieuse, mais lourde de conséquences pour des centaines de Belges installés là-bas.

Et si la France faisait la même chose ? Aucun communiqué officiel ne l’annonce, mais en interne, les services du Quai d’Orsay examinent discrètement la question depuis plusieurs mois. Le déclencheur ? Un avis juridique interne qui pourrait tout bouleverser.

Pourquoi la Belgique a-t-elle coupé les ponts ?

Bruxelles considère que les colonies sont illégales au regard du droit international. Fournir des services administratifs là-bas reviendrait, selon son analyse, à reconnaître implicitement leur légitimité. Une ligne rouge que le gouvernement belge a choisi de ne pas franchir.

La décision n’a pas été prise à la légère. Des mois de consultations juridiques, des réunions interministérielles tendues, et un risque réel : laisser ses citoyens sans aide consulaire en cas d’urgence. Pourtant, Bruxelles a tenu bon.

Et la France dans tout cela ?

À Paris, le sujet est devenu épineux. D’un côté, la politique officielle soutient la solution à deux États et condamne la colonisation. De l’autre, des milliers de Français vivent en Cisjordanie — souvent pour des raisons familiales, religieuses ou professionnelles.

Le Quai d’Orsay ne veut pas prendre de décision unilatérale. Mais un récent mémo interne, auquel nous avons eu accès, évoque clairement une « incohérence » entre les positions diplomatiques françaises et la poursuite des services consulaires dans les colonies.

Ce détail qui pourrait tout changer

Ce n’est pas une question de principe seulement. En droit consulaire, fournir un passeport ou un acte de naissance dans un territoire considéré comme occupé peut être interprété comme un acte de souveraineté implicite. C’est cet argument juridique, poussé par plusieurs experts du droit international, qui fait désormais trembler certains étages du quai d’Orsay.

Un fonctionnaire anonyme confie : « Si on continue comme ça, on risque un jour d’être poursuivis pour complicité. Pas aujourd’hui. Mais dans dix ans ? »

Qu’attendent les Français de Cisjordanie ?

Sur le terrain, l’inquiétude monte. À Hébron, à Ramallah ou dans la vallée du Jourdain, des Français témoignent, sous couvert d’anonymat : « On ne demande pas de privilèges. Juste qu’on ne nous laisse pas tomber si notre enfant naît là-bas, ou si notre conjoint tombe malade. »

Certains ont déjà commencé à faire des demandes anticipées de renouvellement de papiers… par peur que le robinet ne se ferme soudainement.

Et si la France disait non ?

Imaginons la scène : un Français né en Cisjordanie ne peut plus faire renouveler son passeport à Jérusalem. Il doit retourner en France métropolitaine pour la moindre démarche. Un enfant né là-bas ne peut pas obtenir de acte de naissance français sans passer par un juge.

Les conséquences seraient lourdes. Mais pour certains diplomates, c’est le prix de la cohérence.

Pour l’instant, aucune décision n’est prise. Mais le débat, jusque-là feutré, est désormais lancé. Et comme en Belgique, il pourrait bien commencer par un silence… puis un arrêté.

Source : 20Minutes