Pourquoi le documentaire Naza fait-il trembler Israël ?
Le mardi 15 septembre 2026, une projection spéciale lors de la Mostra de Venise a mis le feu aux poudres : le documentaire « Naza », récompensé par le Prix du Jury, a déclenché une vague de réactions outre‑Méditerranée. Réalisé par la jeune cinéaste franco‑palestinienne Lina Karim, le film de 92 minutes propose un regard inédit sur la bande de Gaza, mêlant témoignages d’habitants, images d’archives et séquences tournées en caméra cachée pendant les dernières escalades.
documentaire Naza Venise prix du Jury
Présenté en sélection officielle le 2 septembre, « Naza » a immédiatement séduit le jury présidé par la réalisatrice iranienne Asghar Farhadi, qui a salué « sa capacité à humaniser un conflit souvent réduit à des statistiques ». Le prix a été annoncé lors de la cérémonie de clôture, provoquant une standing ovation de plusieurs minutes. Pourtant, peu après l’annonce, le ministère des Affaires étrangères israélien a publié un communiqué dénonçant « une œuvre de propagande qui distord la réalité ».
que montre réellement le film
Contrairement aux attentes, le documentaire ne se limite pas à un constat de détresse. Il suit trois familles gazaouies pendant un mois, montrant leurs routines quotidiennes, leurs petits bonheurs et leurs stratégies de survie. Une séquence particulièrement marquante montre une école improvisée où des enfants apprennent à lire à la lumière de bougies, tandis qu’un hélicoptère israélien passe au loin. Le réalisateur insiste sur le contraste entre la résilience civile et la présence militaire, sans jamais montrer de scènes de combat explicites.
réaction du gouvernement israélien
Le communiqué israélien affirme que le film « omettrait volontairement le contexte sécuritaire » et évoque une « manipulation émotionnelle » destinée à influencer l’opinion internationale. Des responsables ont même demandé à la Mostra de retirer le prix, une demande rejetée par les organisateurs qui ont rappelé l’indépendance artistique du festival. En parallèle, plusieurs groupes de défense des droits humains ont salué le film comme « un témoignage nécessaire » et ont organisé des projections solidaires dans une dizaine de villes européennes.
impact sur les réseaux sociaux
Dès la première projection, le hashtag #NazaFilm a explosé sur Twitter et TikTok, cumulant plus de 4,2 millions de vues en moins de 48 heures. Les extraits les plus partagés montrent les réactions des spectateurs en salle, certains en larmes, d’autres débattant passionnément. Des influenceurs israéliens ont publié des vidéos de contre‑argumentation, tandis que des militants pro‑palestiniens ont utilisé les extraits pour illustrer leurs campagnes de sensibilisation.
les coulisses du tournage
Lina Karim a révélé dans une interview accordée à un magazine culturel que le tournage s’est déroulé sous étroite surveillance. L’équipe a dû obtenir des autorisations particulières auprès des autorités locales égyptiennes pour pénétrer dans la bande via le poste de Rafah, et chaque jour de tournage était ponctué de contrôles de sécurité. Malgré ces contraintes, la réalisatrice affirme avoir pu capturer des moments authentiques grâce à la confiance nouée avec les habitants, qui ont accepté de parler ouvertement de leurs peurs et de leurs espoirs.
quel avenir pour le documentaire
Après son succès à Venise, « Naza » sera distribué dans les salles indépendantes françaises à partir d’octobre 2026, avec une version sous‑titrée en anglais prévue pour les marchés nord‑américains et européens. Une campagne de crowdfunding a été lancée pour financer une tournée de débats dans les universités, afin de prolonger le dialogue déclenché par le film. Le ministère de la Culture israélien, quant à lui, étudie la possibilité de produire un contre‑documentaire présentant « la perspective sécuritaire », bien que aucun projet officiel n’ait encore été annoncé.
Source : 20Minutes