À la une Suisse : le tournant inattendu de l’accident du car néerlandais
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Suisse : le tournant inattendu de l’accident du car néerlandais

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Le drame sur l’autoroute des Grisons

Jeudi 10 septembre 2026, un autocar transportant quarante‑cinq touristes néerlandais quitte brusquement la voie dans une zone de travaux près de Thusis, dans le canton des Grisons. Le véhicule, parti de Zurich à destination de la vallée de l’Engadine, percute un talus avant de finir sa course dans un ravin étroit. Les secours arrivent en moins de vingt minutes : cinq personnes sont déclarées mortes sur le coup, quarante autres sont blessées, dont plusieurs grièvement. Les hélicoptères de la REGA sont déployés pour évacuer les cas les plus urgents vers les hôpitaux de Coire et de Saint‑Gall. Les autorités locales ont immédiatement fermé la route pour permettre aux équipes de secours de travailler en toute sécurité, provoquant un important bouchon qui s’est étendu sur plusieurs kilomètres.

Qui étaient les passagers ?

La plupart des voyageurs étaient des retraités appartenant à un club de loisirs d’Utrecht, habitués aux excursions alpines depuis plus de quinze ans. Leur programme prévoyait deux journées de randonnée légère dans le parc national suisse, suivie d’une visite du fameux glacier de Morteratsch. Aucun d’eux n’avait signalé de problème de santé particulier avant le départ, et le car avait passé le contrôle technique obligatoire deux semaines auparavant à Amsterdam. Les accompagnateurs du groupe, deux guides néerlandophones, affirment avoir senti une certaine tension chez le conducteur peu avant la sortie de route, mais n’ont pas jugé nécessaire d’intervenir.

Ce que les enquêteurs ont découvert à bord

Les premières investigations montrent que le freinage d’urgence a fonctionné correctement, mais que la direction a soudainement perdu son assistance dans la dernière courbe avant la zone de travaux. Un témoin, un chauffeur de poids lourd qui suivait le car à une distance d’environ cinquante mètres, raconte avoir vu le conducteur tenter de reprendre le contrôle alors que le volant semblait « lourd comme du plomb ». Les images du tableau de bord, récupérées grâce au boîtier de données du véhicule, indiquent une chute brutale de la pression hydraulique du système de direction assistée exactement trois secondes avant le départ de la trajectoire.

Le rôle des travaux routiers

Le tronçon où l’accident s’est produit était en pleine rénovation : la chaussée était réduite à une seule voie, avec des glissières de sécurité temporaires placées à seulement cinquante centimètres du bord. Selon les plans du service des routes du canton, la vitesse maximale autorisée y était de 60 km/h, alors que le tachygraphe du car indique une vitesse moyenne de 68 km/h dans les cinq minutes précédant la sortie de route. Les panneaux de signalisation indiquant la réduction de voie étaient présents, mais certains usagers ont signalé qu’ils étaient partiellement masqués par des engins de chantier stationnés sur la bande d’arrêt d’urgence.

Les témoignages des survivants

Parmi les blessés, plusieurs décrivent une sensation de « tirée vers la droite » juste avant l’impact. Une passagère néerlandaise de soixante‑deux ans raconte : « J’ai senti le véhicule basculer, puis tout est devenu flou. J’ai entendu un craquement métallique, puis le silence. » Un autre survivant précise que le conducteur avait demandé une pause quelques kilomètres plus tôt, mais que l’arrêt n’avait jamais eu lieu, apparemment à cause d’un retard dans le planning de l’excursion. Les infirmiers sur place ont noté que plusieurs passagers présentaient des signes de choc psychologique immédiat, nécessitant une prise en charge rapide par les équipes de soutien psychologique déployées sur le site.

Ce qui reste inconnu

Le parquet des Grisons a ouvert une enquête pour déterminer si une défaillance mécanique, une erreur humaine ou un facteur externe explique la perte de direction. Les experts automobiles examinent actuellement le système de direction assistée du véhicule, un modèle Volvo 9700 de 2019, ainsi que l’état du fluide hydraulique et des capteurs de hauteur. Les résultats des analyses toxicologiques du chauffeur sont toujours en attente, tout comme l’examen du téléphone portable du conducteur pour vérifier d’éventuelles distractions. Une expertise indépendante sera également réalisée sur l’état de la route, notamment l’adhérence du revêtement récemment posé.

Une communauté en deuil

Aux Pays-Bas, le club de loisirs a publié un communiqué exprimant sa « profonde tristesse » et annonçant la mise en place d’un fonds d’aide pour les familles des victimes. En Suisse, des cérémonies d’hommage sont prévues dans les églises de Thusis et de Coire ce week‑end, avec la participation de représentants consulaires néerlandais. Les autorités locales envisagent également de renforcer les contrôles de vitesse dans les zones de travaux temporaires afin d’éviter que ce type de drame ne se reproduise.

Source : 20Minutes