Collision de deux bus au Niger : 22 morts, dont 17 militaires, enquête en cours
Ce dimanche 9 août 2026, une collision frontale entre deux bus de transport a fait au moins 22 morts dans la région de Tillabéri, au Niger. Parmi les victimes, 17 sont des militaires appartenant à une unité déployée dans le cadre de la lutte contre l’insécurité régionale.
L’accident s’est produit vers 6h30 du matin, sur un tronçon connu pour sa dangerosité, près du village de Bankilaré. Un premier bus, assurant le transport de troupes, a perdu le contrôle dans un virage serré, percutant de plein fouet un second véhicule assurant une liaison civile vers Niamey.
Un axe sous surveillance, pourtant meurtrier
Cette portion de route fait l’objet d’une surveillance accrue depuis plusieurs mois. En 2025, plus de 1 200 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation au Niger, selon le ministère des Transports. Les autorités avaient lancé une campagne de sensibilisation, mais les moyens restent limités.
Des questions sur les conditions du drame
Les premiers éléments de l’enquête évoquent une possible défaillance mécanique ou une perte d’adhérence liée aux résidus d’huile sur la chaussée. Mais les témoins sur place évoquent aussi une vitesse excessive, malgré la présence récente de panneaux de réduction de vitesse.
Les militaires tués étaient en route vers une zone opérationnelle près de la frontière malienne. Leurs familles, déjà endeuillées par des années de conflit, doivent désormais faire face à cette perte subite, hors du feu des combats.
Un bilan qui alarme les organisations
Pour les ONG locales, cet accident souligne l’urgence de rénover les infrastructures routières. « On forme les soldats à survivre à la guerre, mais on les laisse mourir sur des pistes dégradées », déclare un responsable de la Croix-Rouge nigérienne, sous couvert d’anonymat.
Le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête technique et judiciaire. Les résultats ne seront pas connus avant plusieurs semaines. En attendant, la nationale Niamey-Tillabéri reste fermée à la circulation dans les deux sens.
Source : Le Monde.fr