À la une Emmerson Mnangagwa : le rideau se lève sur un vrai pouvoir caché
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Emmerson Mnangagwa : le rideau se lève sur un vrai pouvoir caché

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Depuis son accession au pouvoir en 2017, Emmerson Mnangagwa a transformé le Zimbabwe en l’un des plus grands producteurs mondiaux de lithium, attirant des investissements colossaux de la part des États‑Unis et de la Chine. Mais derrière la parade du renouveau démocratique se cache une manœuvre constitutionnelle qui assure à Mnangagwa un mandat illimité.

Le texte qui prolonge le règne

En février 2025, le Parlement a adopté un amendement à la Constitution qui supprime la limite de deux mandats présidentiels. Ce changement a été présenté comme une “necessité pour la stabilité économique” afin de garantir la continuité des projets lithium‑centric. Pourtant, les votes ont été largement contrôlés : plus de 90 % des députés du parti au pouvoir ont soutenu la réforme, tandis que l’opposition, réduite à moins de 5 % des sièges, a été exclue des débats.

Des investisseurs qui ferment les yeux

Des géants comme Tesla, Apple et le groupe chinois CATL ont signé des contrats d’extraction d’une valeur totale estimée à 12 milliards de dollars depuis 2024. Leur présence a coïncidé avec une levée de sanctions américaines contre le Zimbabwe, officiellement motivée par “l’intérêt stratégique du lithium”. Cette pression économique fait oublier les alertes de l’ONG Transparency International qui pointe déjà des pratiques de corruption aggravées.

Le rôle des médias locaux

Les journaux d’État diffusent quotidiennement des titres glorifiant le « développement durable » et le « leadership éclairé » de Mnangagwa. En parallèle, les médias indépendants, menacés de poursuites pour diffamation, voient leurs audiences chuter de 40 % depuis l’adoption de la loi sur la cyber‑sécurité en 2024, qui criminalise les « fausses informations » sur le gouvernement.

Des protestations étouffées

En juillet 2025, une manifestation à Harare rassemblait plus de 10 000 citoyens exigeant des élections libres. La police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes et 27 arrestations ont été reportées. Les ONG internationales ont qualifié ces actions de “violations flagrantes des droits humains”, mais les rapports ont été rapidement censurés sur les plateformes de réseaux sociaux grâce à des algorithmes de géoblocage.

Pourquoi le monde regarde ailleurs

Le véritable scandale réside dans le fait que les pays acheteurs de lithium n’ont pas imposé de conditions de gouvernance. Le ministère américain du Commerce a indiqué que le « marché du lithium est une priorité nationale », reléguant les considérations démocratiques au second plan. Pendant ce temps, le gouvernement chinois a signé un accord de co‑développement qui garantit 30 % des bénéfices à des firmes chinoises, consolidant ainsi son influence.

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Alors que le Zimbabwe se dresse comme la nouvelle plaque tournante du lithium, le scénario est clair : la démocratie n’est qu’un décor, et le vrai pouvoir reste entre les mains de Mnangagwa et de ses alliés économiques. La question qui reste en suspens : jusqu’où les grandes puissances sont‑elles prêtes à sacrifier les principes pour un métal qui alimente les voitures du futur ?

Source : Le Monde.fr