À la une Lisa, 3 ans, morte en 2023 : le parquet renvoie six responsables
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Lisa, 3 ans, morte en 2023 : le parquet renvoie six responsables

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Le 15 juin 2026, le parquet d’Évreux a officialisé le renvoi de six personnes suite à la mort tragique de Lisa, alors âgée de trois ans, en 2023. Grand-parents, directeurs d’école et même la psychologue scolaire sont désormais face à la justice. Pourquoi ces acteurs clés n’ont‑ils pas déclenché l’alerte ? Le mystère se précise, et les réponses laissent perplexe.

Les faits qui ont choqué la Normandie

Le 12 janvier 2023, Lisa a été retrouvée lifelesse dans le domicile familial d’Évreux. L’autopsie a révélé des lésions compatibles avec des violences physiques répétées. Immédiatement, le parquet a ouvert une enquête, mais l’avancée a été lente et semée d’embûches.

Qui sont les six personnes concernées ?

1. Ses grands‑parents maternels, habitant à proximité, qui ont été auditionnés à plusieurs reprises sans jamais faire le signalement.

2. Le directeur de l’école maternelle fréquentée par Lisa, qui aurait remarqué des changements de comportement chez l’enfant.

3. Le co‑directeur, complice ou simplement passif face aux inquiétudes soulevées par le personnel.

4. La psychologue scolaire, à qui la petite avait confié des faits inquiétants, mais qui n’a pas alerté les services sociaux.

5. Un assistant éducatif, présent lors de plusieurs incidents signalés par les enseignants.

6. Un voisin qui aurait entendu des cris la nuit du drame, mais n’a jamais déposé de plainte.

Ce qui a déclenché le renvoi

Le parquet a invoqué le « manquement grave à l’obligation de signalement » prévu par la loi du 5 mars 2007. Les dossiers internes révèlent que, dès le mois de novembre 2022, plusieurs enseignants avaient alerté la direction sur le bien‑être de Lisa. Le directeur, pourtant formé à la protection de l’enfance, aurait choisi de « laisser le temps à la famille » au lieu de contacter les services sociaux.

Parallèlement, la psychologue scolaire a consigné dans son cahier de suivi des déclarations alarmantes que Lisa avait « peur de rentrer à la maison ». Au lieu de transmettre ces notes, elle les a classées parmi les « observations habituelles ».

Le rôle du système judiciaire

En 2024, la première instruction a été classée sans suite pour manque de preuves directes. Ce n’est qu’en 2026, après une nouvelle expertise médicale et la pression des associations de défense des droits de l’enfant, que le parquet a revu sa position.

Le renvoi de ces six personnes constitue une première en Normandie : jamais auparavant le parquet n’avait sanctionné à la fois des membres de la famille et des acteurs éducatifs pour absence d’alerte.

Réactions et conséquences

Les associations de protection de l’enfance ont accueilli la décision comme une victoire symbolique, soulignant que « le silence a un prix ». Le maire d’Évreux a annoncé la création d’un dispositif d’écoute 24 h/24 à destination des établissements scolaires.

Pour les proches de Lisa, la décision du parquet n’efface pas le drame, mais elle ouvre la porte à une reconnaissance officielle du manquement collectif qui a coûté la vie à une enfant.

Ce qu’il faut retenir

  • Six adultes, dont les deux directeurs d’école et la psychologue, renvoyés du parquet pour ne pas avoir donné l’alerte.
  • Un système scolaire où le signalement était souvent relégué au second plan.
  • Une justice qui, trois ans après les faits, reconnaît enfin l’importance du devoir de signalement.

Le cas de Lisa rappelle brutalement que chaque silence peut devenir une sentence. La norme évolue, mais le prix à payer reste lourd.

Source : franceinfo