À la une Masha et Michka accusés de propagande russe : ce que cachent les dessins
Divertissement

Masha et Michka accusés de propagande russe : ce que cachent les dessins

· 2 min de lecture

Un dessin animé pour enfants devenu arme de guerre culturelle ? C’est ce que craignent désormais cinquante députés britanniques, qui ont officiellement demandé l’interdiction de Masha et Michka sur le territoire du Royaume-Uni. Leur accusation : la série, pourtant mondialement populaire, véhiculerait discrètement une imagerie liée à la puissance militaire russe.

Ce n’est pas la première fois que le dessin animé d’origine russe fait débat. Mais cette fois, les parlementaires pointent des éléments précis : des uniformes rappelant ceux de l’armée, des scènes où l’ours Michka effectue des gestes interprétables comme des saluts militaires, ou encore la présence récurrente de symboles rappelant l’iconographie soviétique.

Un soft power caché derrière les rires ?

Selon les auteurs de la motion, Masha et Michka ne serait qu’un divertissement innocent en surface. En réalité, ils y voient un outil de « soft power » destiné à normaliser, dès le plus jeune âge, une image positive de la Russie dans les foyers occidentaux. Un rapport parlementaire cité dans leur demande évoque « une répétition subtile de codes visuels associés à la force et à l’autorité de l’État russe ».

Les défenseurs de la série, eux, dénoncent une lecture paranoïaque. Pour eux, Michka est avant tout un ours maladroit et tendre, dont les « tenues » ne sont que des pyjamas ou des vêtements de travail innocents. Ils rappellent que le dessin animé, créé par Oleg Kuzovkov, vise avant tout à montrer l’amitié entre une petite fille espiègle et un ours solitaire, sans aucun message politique.

Des précédents qui font peur

Cette polémique rappelle d’autres débats passés : l’interdiction de Les Télétubbies en certaines régions pour « promouvoir l’homosexualité », ou encore les accusations visant Peppa Pig en Chine, jugé trop subversif. À chaque fois, le même schéma : un dessin animé devient le miroir des peurs politiques du moment.

Ce qui change ici, c’est l’échelle. Traduite en plus de trente langues, diffusée dans plus de cent pays, Masha et Michka génère des milliards de vues sur YouTube. Son audience infantile massive en fait, aux yeux de ses détracteurs, un vecteur d’influence potentiellement redoutable.

Et maintenant ?

Le gouvernement britannique n’a pas encore réagi officiellement. Aucune loi n’interdit actuellement la diffusion de contenu étranger simplement parce qu’il serait perçu comme de la propagande. Mais la pression monte. Des pétitions citoyennes commencent à circuler, tandis que certains groupes de parents réclament déjà le retrait de la série des plateformes de streaming nationales.

Une chose est sûre : la prochaine fois que votre enfant rira devant les bêtises de Masha et les soupirs de Michka, vous ne regarderez peut-être plus l’écran de la même façon.

Source : 20Minutes