Don Nelson, légende des Celtics, est mort à 86 ans : ce détail sur sa méthode
Don Nelson s’est éteint ce dimanche 9 août 2026 à l’âge de 86 ans. Entraîneur mythique des Boston Celtics et des Dallas Mavericks, il laisse derrière lui une révolution silencieuse qui a changé le visage de la NBA moderne.
Celui qu’on surnommait « Nellie » n’a jamais gagné de bague comme coach principal. Pourtant, son influence dépasse largement les trophées. C’est lui qui, dès les années 80, a osé réduire la taille de ses effectifs pour accélérer le jeu, bien avant que le « small ball » ne devienne dogme.
Le pari fou qui a fait rire toute la ligue
En 1988, à Golden State, il aligne cinq joueurs capables de tirer à trois points. Personne ne l’avait jamais fait. Les journalistes rient. Les adversaires pensent à une blague. Résultat ? Les Warriors terminent la saison avec le meilleur attaque de la ligue.
Ce n’était pas un coup de folie. C’était une conviction : l’espace vaut mieux que la taille. Une idée alors hérétique, aujourd’hui copiée par chaque franchise.
Comment il a façonné Curry… sans jamais l’entraîner
Stephen Curry n’a jamais joué sous les ordres de Nelson. Pourtant, le meneur des Warriors dit souvent : « J’ai grandi en regardant ses équipes. Il a rendu mon style possible. »
Nelson a cru au tir longue distance quand il était encore considéré comme un geste de désespéré. Il a donné le feu vert à des tirs que d’autres entraîneurs auraient sanctionnés. Sans cette liberté, la trajectoire de Curry aurait pu être tout autre.
Le secret de sa relation avec Dirk Nowitzki
À Dallas, il prend un jeune Allemand maladroit et décide de le transformer en ailier. Contre l’avis de tous. Il le fait jouer extérieur, le pousse à prendre des tirs, à défendre sur des gardes. Personne ne croyait en ce projet.
Trois MVP et un titre plus tard, Nowitzki remerciera son coach : « Il m’a vu avant que je me voie moi-même. » Une confiance rare dans un métier où la patience se compte en semaines.
Pourquoi son nom reste absent des débats sur les GOAT
Deux raisons expliquent cette discrétion. D’abord, Nelson privilégiait toujours l’innovation au résultat immédiat. Ses équipes étaient souvent en avance sur leur temps, mais manquaient parfois de profondeur pour aller jusqu’en juin.
Ensuite, il détestait la lumière. Refusait les interviews longues, fuyait les cérémonies. Préférait regarder un match depuis les tribunes, incognito, un casque sur les oreilles.
Ce dimanche, les hommages affluent. Des joueurs aux dirigeants, tous évoquent le même trait : son courage de penser autrement. Dans une ligue qui copie, il inventait. Ce n’est peut-être pas le palmarès qui définit un héritier. C’est ce qu’il laisse dans la manière de jouer.
Source : Le Monde.fr