À la une Côtes-d’Armor : plus de 300 porcs morts dans un élevage, une enquête ouverte
Actu

Côtes-d’Armor : plus de 300 porcs morts dans un élevage, une enquête ouverte

· 4 min de lecture

Dans le département des Côtes-d’Armor, une macabre découverte a rapidement attiré l’attention des autorités. Selon les premiers constats, plus de trois cents porcs ont été retrouvés sans vie dans un élevage situé non loin de Saint-Brieuc. Les animaux, dans un état avancé de décomposition pour certains, ont été découverts dans des bâtiments d’élevage, suscitant immédiatement une réaction forte de la part de l’association L214.

Face à ces éléments, l’association de protection animale a déposé une plainte auprès du parquet de Saint-Brieuc, décrivant des conditions potentiellement incompatibles avec la réglementation en vigueur. Quelques jours seulement après le signalement, le procureur a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire visant à établir les circonstances exactes de cette mortalité exceptionnelle.

Ce que révèlent les premières constatations sur place

Les premières constatations effectuées par les services vétérinaires et les enquêteurs montrent une situation hétérogène dans les bâtiments concernés. Si certains porcs gisaient depuis plusieurs jours, d’autres présentaient des signes pouvant évoquer un épisode soudain et collectif. Aucun mouvement d’animaux n’était en cours au moment de la découverte, ce qui oriente les enquêteurs vers une cause interne à l’élevage.

Les bâtiments incriminés, dédiés à l’engraissement, auraient accueilli près de mille animaux selon les déclarations de l’exploitant. La mortalité observée représenterait donc près d’un tiers du cheptel présent, un taux nettement au-delà des seuils habituellement admis en élevage porcin, même en période de difficulté sanitaire.

Pourquoi L214 intervient dans ce type de dossier

L’association L214, connue pour ses enquêtes vidéo dans les élevages et abattoirs, explique intervenir lorsqu’elle estime que des éléments portent atteinte au bien-être animal ou enfreignent la loi. Dans ce cas précis, l’association affirme avoir eu connaissance de la situation via un signalement externe, puis avoir rassemblé des éléments qu’elle considère suffisamment sérieux pour justifier une action judiciaire.

Son rôle ici se limite au déclenchement de la procédure : ce sont désormais les autorités compétentes qui mènent les investigations, notamment via les services départementaux de protection des populations et les forces de l’ordre. L’association précise qu’elle ne prétend pas se substituer à l’enquête, mais souhaite simplement que la lumière soit faite sur des faits pouvant constituer une infraction.

Ce que dit la réglementation en cas de mortalité anormale

En élevage porcin, une mortalité soudaine ou anormalement élevée doit être signalée immédiatement aux services vétérinaires. Un seuil d’alerte est généralement fixé autour de 3 % de pertes sur une courte période, bien loin des près de 30 % observés ici selon les premiers bilans. Lorsqu’un tel seuil est franchi, une investigation est déclenchée pour rechercher les causes : pathologie, intoxication, défaut d’alimentation, problème d’abreuvement ou défaillance des systèmes de ventilation.

Aucun élément ne permettait encore, au moment de l’ouverture de l’enquête, d’affirmer que les faits relevaient de la maltraitance au sens pénal du terme. Les enquêteurs privilégient pour l’instant l’hypothèse d’un événement sanitaire ou technique, tout en restant ouverts à toute autre explication que permettrait l’instruction.

Les réactions locales et les questions qui restent en suspens

Dans les communes voisines, la nouvelle a provoqué une certaine émotion, particulièrement chez ceux qui connaissent l’exploitation depuis des années. Certains riverains évoquent des odeurs inhabituelles ces derniers jours, tandis que d’autres assurent n’avoir rien remarqué d’anormal avant la découverte officielle.

Les principaux points qui restent à éclaircir concernent précisément le timing des décès, les conditions d’élevage au moment des faits, et l’éventuelle présence d’un facteur extérieur ou d’une négligence. Les résultats des autopsies pratiquées sur certains animaux, ainsi que l’analyse de l’environnement d’élevage (eau, alimentation, air), seront déterminants pour orienter la suite de l’enquête.

Source : 20Minutes