À la une 800 m féminin : pourquoi Keely Hodgkinson est la grande favorite des Europe 2026
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800 m féminin : pourquoi Keely Hodgkinson est la grande favorite des Europe 2026

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Ce vendredi soir, le stade olympique de Rome s’apprête à vivre une course qui pourrait marquer l’histoire de l’athlétisme européen. Le 800 m féminin des championnats d’Europe 2026 ne sera pas une simple finale : c’est un affrontement entre trois générations, trois styles, et peut-être, un tournant.

Au départ, Keely Hodgkinson. Double championne olympique en titre, elle cherche ce vendredi à réaliser ce que personne n’a encore fait : un triplé consécutif aux championnats d’Europe. Une performance qui la placerait définitivement parmi les légendes de la discipline.

Mais elle ne sera pas seule. Dès les séries, Audrey Werro a fait parler d’elle. La Suissesse, rarement mise sous les feux des projecteurs, a couru cette saison le deuxième meilleur temps européen de l’année, à moins de cinq dixièmes du record du monde. Une progression silencieuse, mais inquiétante pour les favorites.

Et puis il y a Femke Broeders-Bol. Connue pour ses explosivités sur 400 m haies, la Néerlandaise a surpris tout le monde en décrochant son billet pour la finale du 800 m plat — une distance qu’elle n’avait abordée qu’en préparation cette année. Personne ne s’attendait à la voir là. Personne, sauf peut-être son entraîneur.

Ce qui rend cette course si imprévisible, c’est justement ce mélange : l’expérience olympique de Hodgkinson, la montée en puissance méthodique de Werro, et l’audace brute de Broeders-Bol. Trois athlètes, trois approches, mais une seule question : qui pourra tenir son effort quand les derniers 200 mètres deviendront un combat contre l’acide lactique ?

Dans les couloirs du stade, les entraîneurs parlent de « course d’échecs ». Personne ne veut prendre la tête trop tôt. Werro a montré qu’elle pouvait finir extrêmement forte. Hodgkinson, elle, a gagné ses derniers grands championnats en accélérant à 300 mètres de l’arrivée. Bol, elle, pourrait tenter un coup de poker dès le sixième…

Car sur 800 m, ce n’est pas seulement la vitesse qui compte. C’est la gestion de l’effort, la capacité à lire la course, à réagir au moindre mouvement. Un placement trop extérieur, une hésitation au virage, et c’est fini. Les moindre détails feront la différence.

Le public, lui, s’attend à un spectacle. Mais les initiés savent que ce n’est pas seulement pour le titre qu’elles courent. Pour Werro, c’est une confirmation. Pour Bol, une légitimation. Et pour Hodgkinson ? Peut-être la dernière occasion de fermer la porte à une génération qui arrive en pleine confiance.

Quand le starter lâchera le coup de pistolet, ce ne sera pas seulement pour départager trois athlètes. Ce sera pour départager deux visions de la course : la maîtrise contre l’explosion, la régularité contre la surprise. Et dans un 800 m où tout se joue en moins de deux minutes, une seule erreur peut coûter cher.

Une chose est sûre : personne ne quittera son siège avant que la dernière athlète ne franchisse la ligne. Car dans ce stade, ce vendredi soir, on sent que l’histoire s’écrit en temps réel. Et que, quelque part dans les blocs, une athlète va peut-être réaliser ce que personne n’a encore osé croire possible.

Source : franceinfo