Célia Gery : après avoir bloqué Kasia Niewiadoma, la jeune cycliste subit des menaces de mort
Célia Gery, 20 ans, coéquipière de la gagnante du Tour de France femmes 2026 Demi Vollering, a vécu un week-end qu’elle n’est pas prête d’oublier. Samedi, lors de la 8e étape entre Lons-le-Saunier et Oyonnax, un geste anodin en course a déclenché une vague de haine en ligne.
Selon la Polonaise Kasia Niewiadoma, la Française aurait intentionnellement gêné sa trajectoire dans le final, un « blocage » jugé dangereux. Ce qui aurait pu rester une polémique de course s’est transformé en véritable déchaînement sur les réseaux sociaux.
Un geste de course interprété comme une agression
Dans le dernier kilomètre, alors que Niewiadoma tentait de se positionner pour le sprint, Gery, qui roulait en tête du peloton, aurait légèrement dévié sa ligne. Rien d’exceptionnel en cyclisme, diront les puristes. Mais pour la coéquipière de Vollering, déjà sous les feux des projecteurs, cela a suffi.
« Elle a fermé la porte », a déclaré Niewiadoma à l’arrivée, des mots qui ont rapidement enflammé Twitter et Instagram. En moins de deux heures, des dizaines de comptes ont accusé la jeune Française de « tricherie », de « manque de respect », voire de vouloir « blesser délibérément » sa rivale.
De la critique au harcèlement en ligne
Ce qui a commencé comme un débat technique a vite basculé. Les messages privés de Gery ont été envahis d’insultes, puis de menaces explicites : « Tu vas le regretter », « On sait où tu habites », « Tu ne termineras pas la saison ».
Son équipe, SD Worx-Protime, a confirmé avoir signalé les propos aux plateformes et envisagé un recours juridique. « On protège nos coureuses », a déclaré un porte-parole. « Aucune menace ne doit rester sans réponse, surtout quand elle cible une athlète de 20 ans simplement pour avoir fait son travail. »
Le soutien inattendu de ses coéquipières
Face à l’ampleur du phénomène, c’est dans le vestiaire que Gery a trouvé du réconfort. Demi Vollering, victorieuse de l’étape et du général, a été la première à prendre sa défense : « Elle a fait ce qu’on lui a demandé. Ceux qui critiquent ne comprennent rien à la course. »
D’autres coéquipières ont relayé des messages de soutien sur leurs stories, rappelant que le cyclisme féminin subit déjà suffisamment de pression sans qu’on y ajoute de la haine gratuite.
Un rappel sur les valeurs du sport
L’incident soulève une question plus large : jusqu’où va la légitime critique sportive ? Dans un peloton où les marges sont au centimètre, les contacts sont inévitables. La juge-arbitre de l’étape n’a d’ailleurs pas sanctionné Gery, estimant que son mouvement restait dans les limites du réglementaire.
Pourtant, à l’ère des réseaux sociaux, un geste mal interprété peut devenir une affaire nationale en quelques heures. Gery, elle, préfère rester focalisée sur la course. « Je sais ce que j’ai fait. Je sais ce que je vaux. Le reste, je laisse à ceux qui ont besoin de crier derrière un écran. »
Le Tour de France femmes 2026 continue. Et malgré la tempête, Célia Gery, jeune Française au avenir prometteur, est toujours en course.
Source : 20Minutes