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Etienne Daguinos : la surprise bronze qui fait taire les critiques

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Lundi soir, à Birmingham, le stade Alexander a retenu son souffle. Sur le 5 000 m des championnats d’Europe d’athlétisme, personne n’attendait vraiment Etienne Daguinos sur le podium. Pourtant, à la cloche du dernier tour, le Français de 25 ans a trouvé des ressources insoupçonnées.

Derrière les favoris annoncés – Jakob Ingebrigtsen en quête de doublé et Florian Bremm, surprenant Allemand en forme – Daguinos a joué un coup tactique risqué. Résultat : une médaille de bronze historique, la première individuelle d’un Français sur cette distance depuis plus de quinze ans.

Un parcours semé d’embûches

Deux ans plus tôt, personne ne donnait cher de sa carrière. Blessures à répétition, doutes sur sa capacité à tenir le rythme des meilleurs mondiaux… Etienne avait presque envisagé de quitter la piste. Son entraîneur se souvient : « Il venait presque à reculement aux séances. »

Puis, l’hiver dernier, un déclic. Un stage en altitude au Kenya, une reprogrammation complète de sa préparation. « J’ai arrêté de courir contre les autres. J’ai commencé à courir pour moi », confie-t-il sobrement.

La course qui a changé la donne

Dans les tribunes, les experts pariaient sur un duel Ingebrigtsen-Bremm. Le Norvégien, attendu au tournant après sa saison mitigée, a effectivement pris les commandes. Mais à 600 mètres de l’arrivée, alors que Bremm lançait son sprint, Daguinos a fait quelque chose d’inattendu : il a suivi. Pas en force, mais en glisser, en économisant chaque foulée.

Dans les 200 derniers mètres, alors que le stade croyait au duel pour l’or, le Français a placé une accélération discrète mais décisive. « Je l’ai senti venir dans mon dos », admettra plus tard Bremm, encore étonné.

Plus qu’une médaille : un symbole

Cette bronze n’est pas seulement une récompense sportive. Pour la génération d’athlètes français qui ont vu disparaître les médailles de fond ces dernières années, c’est un signal. Un rappel que la persévérance paie, même quand personne ne croit en vous.

Sur la piste, après la ligne d’arrivée, Etienne n’a pas crié. Il a posé une main sur son cœur, regardé les tribunes où sa famille pleurait silencieusement. Un geste simple. Puissant.

Le lendemain, les réseaux sociaux s’emballaient. Pas pour le temps réalisé (13’24”87, honnête mais non exceptionnel), mais pour la manière. Pour cette course intelligente, presque chess-like, où la tête a gagné avant les jambes.

Jimmy Gressier, lui, a terminé cinquième. Une déception pour celui qui espérait confirmer son statut de leader. Mais dans l’ombre de cette course, une vérité émerge : le fond français retrouve peut-être des couleurs. Et cette fois, ce n’est peut-être pas un feu de paille.

Source : franceinfo